Chapitre 13 : Peurs et Perversions
Il faisait froid et il avait l’impression un marteau-piqueur cognait dans sa tête. Voilà ce que se disait Drago. Il ouvrit les yeux lentement et en grimaçant de douleur. Il vit alors un pied chaussé de rose qui tapotait le sol.
- Je me demandais quand tu te réveillerais Drago ? A moins que tu préfères que je t’appelle Topaze ?
- Vous ne méritez de m’appeler ni par l’un ni par l’autre !
- A ce que je vois, l’orgueil des Malefoy et encore bien présent, hein ?
- On va me chercher et vous paierez pour mon enlèvement.
- Crois-tu mon beau ?
- Oui ! Harry va me rechercher !
- Crois-tu cela ? Oublies-tu que pour lui, tu es Topaze. Si ce dernier "disparaît", c'est qu'il se sera enfuit !
- Non, il me cherchera et il ira voir Looni !
- Oh, mon pauvre chou, je ne t'ai pas dit ? Ta proxénète est morte !
- Non !!!
- Si !
- Alors, mon oncle ira se renseigner
- J'ai brouillé les pistes. Personne ne te cherchera, NI te trouveras.
- NON !
- Oh que si ! Allez, relèves-toi que je te conduises à ta "dernière" demeure !
A ces mots, Drago eut un frisson dans le dos. Il se leva et suivit son futur bourreau qui le menaçait de sa baguette tendue. Le jeune homme se demanda où était la sienne.
Il quittait le grand hall pour se diriger vers le sous-sol, poussé et menacé par Dolores Ombrage. Une odeur nauséabonde accueillit ses narines aristocratiques. Il entendit de légers gémissements de douleur. Plus il avançait, plus l'inquiétude le tenaillait. Il avait reconnu l'odeur caractéristique. Sa formation de médicomage lui avait permit de déjà la humer. C'était l'odeur du sang qui emplissait cette cave. Il vit un long et large couloir avec une envolée de portes. Le "crapaud" sorti de l'une des pièces, un cachot en fait.
- Ah, mon cher… je remarque que les travaux ont avancé !
- Oui, Maîtresse, il ne reste que trois cachots à aménager.
- Et comment vont mes quatre pensionnaires ?
- Je crains que le petit Justin ne passe pas la nuit ?
- Comme c'est dommage, c'était mon préféré ! C'est celui qui me suppliait le plus ! Et sa peau était celle qui marquait le mieux ! Essaies de voir si tu peux le guérir !
- Je ne sais pas, Maîtresse, mes maigres talents n'y suffisent plus !
- Bon, ben tant pis ! En attendant, occupes-toi de notre nouvel invité. Il m'est précieux à plus d'un titre.
- Bien Maîtresse ! Venez, jeune Malefoy.
Alors que Ombrage s'en allait, Drago s'approcha du gnome.
- Et pourquoi je vous suivrais ?
- Parce que la Maîtresse et moi n'hésiterions pas à vous jeter des Doloris.
Drago dévisagea l'horrible personnage dans l'espoir d'y trouver une trace de dénégation. Hélas, il pensait apparemment ce qu'il venait de dire. L'affreux sorcier le poussa alors vers un des cellules dont la porte était ouverte.
A droite, une pauvre paillasse recouverte d'une mauvaise couverture grise et d'un pauvre seau d'aisance, voilà tout ce qui représentait l'ameublement du cachot. De l'autre de la pièce, sur le mur, étaient fixées de nombreuses chaînes sur lesquelles pendaient quatre poignets de cuir assortis d'un collier identique. Au pied, on pouvait voir une grille d'évacuation des eaux. De l'eau légèrement rosée stagnait dans des rigoles. Une demi-douzaine de seaux contenait de l'eau.
Drago avait tout compris. Les chaînes servaient à attacher les victimes. Ces dernières étaient torturées au point que leur perte de sang nécessite six seaux d'eau pour en nettoyer les traces. Un long frisson exhalent sa peur parcourut sa colonne vertébrale. L'odieux monstre était tellement occupé à finir de préparer la pièce qu'il ne remarqua pas que Drago avait empoigné le seau d'aisance. Il le leva et l'abaissa avec force sur le crâne de son geôlier puis partit en courant.
Il remonta les escaliers quatre à quatre. Il tourna la tête à droite et à gauche. Il ne savait pas où il se trouvait. Devait-il encore monter ou sortir à cet étage ? Il se décida à monter. Il trouva là une profusion de couloirs et de portes. Soudain, il se mit à courir quand il entendit au loin les cris d'Ombrage et les grognements de Sancho, le monstre. Il sentait presque leur souffre sur ses talons.
Il ouvrit plusieurs portes, entra dans des pièces espérant que cela le mènerait à l'extérieur, en vain. Il finit par se cacher dans un placard. Il entendit le duo infernal passer devant son refuge.
Il en sortir quelques minutes plus tard et reprit sa course. Il redescendit vers ce qui semblait finalement être le rez-de-chaussée. Il finit par trouver la porte d'entrée mais elle était bloquée, par un sort apparemment. Eperdu, il se remit à courir à perdre haleine. °Je suis fichu, FI-CHU. Oh, Harry, mon amour, si tu pouvais venir me chercher, j'ai peur !°
A peine venait-il de penser cela qu'il sentit un "petrificus totalus" lui taper dans le dos. Il s'écroula sur le sol dur et froid ce qui lui occasionna une grande douleur dans le dos, les épaules et la tête.
- Et bien, et bien, mon cher Topaze, on a voulu me quitter ? Ricana Ombrage. Ce n'est pas bien du tout. Sancho, ramènes-le dans sa cellule.
- A vos ordres, Maîtresse ! "Wingardium Leviosa".
Drago sentit son corps se soulever et prendre la direction du sous-sol. Il eut l'impression de suinter la peur tant celle-ci était présente dans toutes les cellules de son corps. Une fois arrivés, le gnome le déshabilla totalement et l'attacha face au mur. L'humiliation était totale et dépassait de loin celle qu'il avait vécue à sa vente aux enchères.
- Ah mon beau Topaze, tu n'aurais pas dû tenter de t'évader. D'habitude, vois-tu, je suis toute tendre à nos "premières fois" mais tu m'as trop mise en colère !
Elle s'arrêta de parler pour lui lécher le lobe de l'oreille et la nuque offerte. Une nausée monta à la gorge de Drago.
- Il faut que je te punisse ! Tu comprends, hein ? Doloris !
Le jeune homme eut alors l'impression d'avoir le corps en feu, qu'on lui arrachait les ongles et les yeux, que chaque terminaison nerveuse était transpercée par une aiguille rougie par le feu. °Je ne pleurerais pas. Tu ne me verras pas pleurer et supplier, vieille chouette.° Un nouveau "doloris" lui fut envoyé puis cela s'arrêta. Malgré lui, il se mit à souffler de soulagement.
- Oh, tu crois que j'en aie fini avec toi ? Mais je ne fais que commencer !
Drago entendit alors l'horrible bonne femme jeter un sort à sa baguette. Il reçut alors un coup cuisant dans le dos. Ombrage le fouettait avec ardeur et hargne. Elle avait transformé sa baguette en fouet virtuel mais qui faisait son effet comme un vrai. Le beau blond n'était plus que douleur. Elle ne se contentait pas de le fouetter dans le dos. Elle cherchait aussi à atteindre la peau tendre de ses fesses, ses bras et ses cuisses. Ses jambes flageolaient sous lui tant les coups pleuvaient. Le flot incessant du fouet-baguette stoppa net alors qu'un fracas tonitruant venait de se faire entendre à l'étage.
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