- Venez mon chaton, c'est l'heure !
Drago se tourna vers la femme qui l'observait de la porte. C'était la patronne de la maison. Looni Laval était celle qui allait le "vendre aux enchères". A la voir, personne n'aurait pu se
douter qu'elle était tenancière d'un établissement qui faisait office à la fois de maison de jeu et de maison close.
C'était une grande femme mince. Elle avait une longue chevelure noire qui se balançait dans son dos. Elle portait un long fuseau qui gainait son corps. Par certains côtés, son allure ressemblait
à celle de Narcissa Malefoy. Néanmoins, si sa vêture et son apparence, de même qu'un vocabulaire assez châtié, donnaient à penser qu'elle était d'un niveau social élevé, sa voix possédait de
trace de la vulgarité de son rang. Le jeune homme à l'éducation parfaite qu'était Drago avait décelé le véritable personnage derrière la façade de grande classe. Looni était bien issue des plus
basses couches de la société sorcière. Elle ne s'était néanmoins pas départie une seule fois de sa gentillesse malgré l'air froid qu'elle voulait donner.
La veille, elle avait expliqué au jeune homme le déroulement de sa "vente". Il ne serait pas "libre" du moins aussi longtemps que son "acheteur" ne se lasserait pas de lui. Le jeune homme qui
prit conscience qu'il deviendrait ni plus ni moins un esclave sexuel. Il posa la question concernant l'absence de lassitude.
- Et si je décidais de partir avant qu'il, ou elle, ne se lasse ?
- Eh bien, mon chaton, il vaudrait mieux que non. Vous ne désirez pas savoir ce qu'il adviendrait dans le cas contraire, non ? J'ai une réputation à soutenir.
- D'accord ! Je me demandais…
- Oui ?
- Si vous organisiez souvent des "ventes" de ce genre ?
- Ce sera ma cinquième mais ce sera la première avec un quelqu'un issu de votre milieu. Vous êtes le deuxième jeune homme. Habituellement, les familles de votre rang préfèrent le mariage pour
recouvrir les créances. Dommage pour vous ! Vous n'êtes pas du bois dont on fait les gigolos.
Drago se sentit à la fois vexé et flatté par cette dernière phrase.
- Mon oncle n'a pas eut le temps de me trouver une épouse ou un époux !
- Oui, c'est bien dommage ! Je vous présenterai demain soir. L'un de mes garçons peut vous prêter une robe de sorcier un peu plus "suggestive" que ce que je vois dans votre valise. Un courtisan
doit avoir l'air d'un courtisan. Vous avez une allure dans vos vêtements mais ils sont par trop "classe".
Il fut emmené dans la chambre qu'il n'occuperait qu'une nuit. C'était décoré avec beaucoup de raffinement.
- Dîtes-moi, mon chaton, vous avez bien compris les conditions de notre "marché" ?
- Oui !
- Vous savez que vous ne recevrez aucune somme d'argent mais vous pourrez recevoir des cadeaux du gentleman, ou de la lady, qu'il pourra vous offrir. Le montant de la "vente" ira à votre oncle
ôté du pourcentage qui me revient.
Drago avait déjà eut cette information mais il redemanda la condition qui "le" protégerait.
- On est d'accord sur mon souhait d'être "masqué" ? Et d'être "renommé" !
- Tout à fait, je vous jetterais un sort qui masquera une partie de votre visage à la "vue" de votre "propriétaire" ! Ce "masque" étant virtuel, vous pourrez vivre comme s'il n'existait pas.
Comme prénom de substitution, j'ai pensé à Topaze ! Qu'en pensez-vous ??
- Cela me convient !
Drago avait été effrayé par le montant de la dette de son oncle.
- Pensez-vous que quelqu'un sera prêt à payer une telle somme ?
- Certainement, mon chaton ! Ces richards ne savent plus quoi faire de leur fric. Si vous saviez ce que je peux voir ou entendre dans mon établissement. Comme cet homme qui demande que je le
fouette et qui aime faire des passes ici en étant masqué lui aussi. Et comme cela il sait qui vient ici !
Drago se mit à rougir en imaginant les fantasmes de ces gens qui payaient pour qu'ils se réalisent.
- Vous pouvez rougir mais il va falloir vous désinhiber. Celui ou celle qui vous achètera se servira de vous pour ses caprices sexuels. Il fera avec vous ce qu'il ne fera pas avec un compagnon
officiel. Un de mes garçons va vous expliquer deux ou trois choses pour procurer du plaisir à l'homme ou à la femme à qui vous appartiendrez !
Dans la matinée suivante, un certain John lui expliqua beaucoup de choses. Etrangement pour un jeune homme de son âge, Drago avait été éloigné des choses du sexe. Il apprit ce jour un nombre
de choses qui le choquèrent beaucoup.
Et voilà, c'était l'heure, il allait devoir entrer dans l'arène, il tremblait de peur. Sa robe de sorcier était fait d'un tissu arachnéen blanc qui ondulait et jetait des reflets nacrés. On
pouvait deviner ses muscles légers de jeune homme en bonne santé. Sous cette robe, il portait un pantalon et un polo en soie blanche très moulant. Looni ouvrit la porte devant lui et le conduisit
au rez de chaussée où le bruit de nombreuses voix s'élevait.
Elle lui prit la main et l'emmena dans la salle de jeu et non pas dans le salon de vente.
- La majorité de mes clients sont d'abord des joueurs. C'est un jour faste : la Bourse leur a apporté beaucoup de bénéfices. Qu'ils soient aussi nombreux multiplie les chances de faire monter les
enchères. Montez sur cette table et souriez !
Drago s'exécuta très inquiet et honteux. Looni se dirigea vers le centre de la salle.
- Gentlemen, je souhaite votre attention. Pour la cinquième fois, je vous propose une vente aux enchères. Sur ces mots, l'assemblée s'arrêta dans ses activités.
Tous se mirent à regarder Looni et se turent.
- Ceux qui sont heureux en amour retourneront à leurs tables de jeux car ils ne seront pas intéressés par des enchères. Pour tous les autres, ceux qui recherchent quelque chose, quelqu'un de
nouveau, je vous présente Topaze, ce rougissant jeune homme debout sur la table. Ce ne sera pas pour une simple nuit, non ! Celui d'entre vous qui aura acquit ce jeune sorcier pourra le garder
avec lui aussi longtemps qu'il le voudra. Sachez que ce jeune homme est de haut lignage et de sang-pur ! Néanmoins, il restera masqué. Quelqu'un comme lui dans ces conditions là, c'est un rare
privilège qui se paie, CHER… Voilà pourquoi la mise à prix sera de deux mille gallions.
L'assemblée réagit, visiblement très choquée par la somme.
- Quoi ? Vous êtes folle… aucun homme ni aucune femme ne vaut cela !
- Ces testicules sont bourrés de diamants ?
- Cent gallions et pas une mornille de plus.
Les rires et les moqueries fusèrent de partout. Looni laissa dire tout le monde puis réclama le silence à nouveau.
- Mes amis, voyons, cette petite merveille appartiendra au plus généreux. Celui, ou celle, auquel il appartiendra, pourra, je vous le redis, le garder le temps qu'il voudra. Un mois, un an, dix
ans ou toujours. Il ne pourra rien en dire. Allons, Mesdames, Messieurs, qui veut être l'heureux mortel qui aura le privilège d'être le premier à user de ce jeune puceau ?
Drago était très choqué, il ne pensait pas qu'il serait "vendu" de cette façon là. Il avait envie de vomir. Il avait l'impression de plus être qu'un morceau de viande vendu sur un étal. Il
avait pensé que ce serait plus confidentiel. Heureusement, qu'il avait réclamé ce masque virtuel car ainsi personne ne le reconnaîtrait. Il buvait sa honte jusqu'à la lie. Il en appela à Merlin
souhaitant que son futur "propriétaire" se lasserait vite de lui. Il entendit une voix criarde s'élever.
- Et bien, je lance la première enchère à deux mille gallions !
Drago était effaré quand il se tourna vers la personne qui venait de lancer la première enchère. Il découvrit que c'était une femme qui avait l'âge d'être sa grand-mère. Il eut l'impression
de sombrer dans les flammes de l'enfer.
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